Pensée du jour 2298

« L’audace est un trait de caractère poussé à son comble, les audacieux sont souvent inconscients de leur courage, ils ont l’impression que le réel est de leur côté et leur sera bienveillant. Ils ne cherchent pas à se faire du mal avec le risque mais à se faire du bien. Souvent la chance vient à la pointe de l’audace. »

« “Faire son deuil” est un paradoxe absolu. Le deuil est par excellence un moment d’impuissance ; un événement réel nous percute et nous n’y pouvons rien. Or le verbe “faire” sous-entendrait qu’on pourrait y opposer un acte, une volonté, quelque chose… Malgré nous, nous avons toujours besoin de croire que nous pouvons agir devant un événement. Aussi révélatrice soit-elle, cette expression m’apparaît néanmoins inappropriée. Car il semble que, dans le deuil, tout le travail consiste plutôt à aller dans le sens de l’impuissance, de l’acceptation de la perte. Il s’agirait plutôt de “ défaire son deuil “ »

« Nous nous heurtons à une difficulté pratiquement insurmontable dans notre société, c’est la perversion du langage. C’est moins des expressions que le sens des mots qui est retourné ou dévoyé. On dit réaliste quelqu’un qui se conforme à l’idéologie dominante, on dit évaluer quand, en réalité, on dévalue en encourageant la délation, on appelle progrès toute transgression quelle qu’elle soit, on parle de protéger les gens quand, en réalité, on les contrôle, on qualifie soudain de plébiscite ce qui était un barrage la veille, on dit se mettre en disponibilité quand on est placardisé en entreprise et que celle-ci ne licencie pas mais se restructure, on appelle réforme des dérégulations et révolution l’actualisation de l’hégémonie économique sur la politique. »

« On dit en français, risquer sa vie, mais peut-être devrait-on dire : risquer la vie. Etre entièrement vivant est un risque. Peu d’êtres le sont. Il y a beaucoup de zombies, de morts-vivants, de vies atténuées par la maladie de la mort comme la nommait Kierkegaard. Ce risque est celui qu’un autre philosophe disparu sous la torture, Jan Patocka, appelait la vie dans l’amplitude. »

« La douceur est l’un des noms de cette réconciliation avec ce qui a été refoulé, exilé dans le passé, et ainsi “ repris “ avec mansuétude et le courage qu’il faut pour s’avouer qu’on y était, en conscience. »

(Anne Dufourmantelle)

Merci à Clem : https://mavieaupresentsimple.com/

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