Dialyse song – Chapitre 8 : Distractions… alarmes… chaud et froid…

juin 1, 2008

Mine de rien, entre le branchement, le repas, puis le café-douceur, entre une heure et demie à deux heures, selon les jours, se sont passées.

Ces événements de début de dialyse permettent au temps de filer relativement vite. Le plus long, ce sont les deux heures qui restent.

Il y a diverses manières de les occuper… on peut continuer à discuter encore si les sujets s’enchaînent de façon variée… si l’un de nous deux a un coup de barre, il peut nous arriver de somnoler gentiment, mais, en ce qui me concerne, sans vraiment dormir.

J’ai aussi le choix entre la lecture et des mots fléchés.

Pour les bouquins, si vous en avez déjà fait l’expérience, il n’est pas très aisé de n’avoir qu’une seule main de libre : il faut quasiment poser le livre à chaque fois que l’on veut tourner une page… si celui-ci est du genre costaud, on a du mal à le soulever… de préférence, choisir plutôt le format de poche ! Et quelle position adopter ? Rester à moitié allongé ou s’asseoir ? Relever les genoux pour s’en faire un dossier afin de maintenir le bouquin ? Assurément, la lecture dans ces conditions n’est pas toujours des plus commode.

Pour écrire, ce sont presque les mêmes problèmes. Il y a bien la fameuse tablette que l’on peut relever en position écritoire, à condition qu’elle soit dans le bon sens : dans le cas de figure, placée à droite alors qu’elle est habituellement à ma gauche… bonjour la gymnastique pour effectuer le changement ! Bon, mais une fois en place, lorsque l’on commence à écrire, on se rend vite compte que … les roulettes… ça roule ! Bref, on laisse vite tomber et on se retrouve avec son Télé-Jeux sur les cuisses !

Pendant ce temps-là, la salle est presque tranquille… nous sommes livrés à nous-mêmes et confiés au bon soin des alarmes : notre chère équipe soignante est partie manger, là-bas, dans son local. On peut les entendre discuter et souvent rire… c’est la pause méridienne, un moment de décontraction.

Lorsque l’une de nos machines réagit par une sonnerie lancinante, ou qu’un patient appelle (si sa voix ne porte pas assez, les stentors du groupe relaient la demande d’un « S’il vous plait ! »), l’un des membres de l’équipe vient s’enquérir du problème.

Il s’agit, le plus souvent d’une histoire de tension pour celui dont le contrôle est réglé de façon automatique. Cela se termine par l’arrêt de l’alarme, la mise en position haute des jambes s’il s’agit d’une chute, pouvant aller jusqu’à l’arrêt des UF pour tenter d’enrayer cette baisse. Où bien, le patient a droit à un : – Allongez votre bras… le tuyau est coincé et la mesure ne peut pas se faire !

Je passe sur tous les autres cas de figure déclencheurs des alertes : ce sont souvent des problèmes de paramètres de machine ou de positions des patients (les tubulures n’aiment pas trop être pliées !)

En dehors de ces bruyantes manifestations sonores, la salle ronronne du bruit des appareils et de celui des ronfleurs… les minutes s’égrènent…

O temps, suspend ton vol !

Profitons de ces moments de calme relatif… tout à l’heure, l’effervescence reprendra avec les premiers débranchements.

Aujourd’hui, la chaleur est difficilement supportable… la moitié des fenêtres sont ouvertes mais cela ne donne aucun souffle d’air. Le dégagement de calories des machines accentue le phénomène.

La climatisation, comme tous les ans, ne marche pas encore : un problème de pièce à changer, soi-disant, mais la réparation se fait attendre !

A l’inverse, selon le caprice du temps et des saisons, il arrive assez souvent le problème inverse, à savoir que nous pouvons avoir froid ! Certaines infirmières ont perpétuellement chaud et ouvrent d’autorité les fenêtres et ferment les radiateurs.

Là où je suis placé, il m’arrive alors d’être en plein courant d’air (redoutable !) Difficile de faire admettre alors que nous n’avons pas la même perception du chaud et du froid quand nous sommes allongés quatre heures sans bouger ! Nous n’avons plus d’autres ressources que de réclamer un drap de papier ou une couverture pour les plus frileux.

La cohabitation n’est, dans ces cas, pas toujours simple !

Atchoum ! Tiens, vous voyez… je m’enrhume !