Dialyse song – Chapitre 10 : Incidents et contrôles…

juin 1, 2008

Il ne faut pas passer sous silence les divers incidents pendant les séances. Ils sont multiples et variés, de gravités diverses mais entraînent, à chaque fois, une certaine effervescence dans la salle… branle-bas de combat sur le pont !

La plupart sont repérés par des alarmes machine… j’ai évoqué les principaux précédemment.

Les chutes de tension, lorsqu’elles sont sévères, peuvent entraîner une perte de connaissance. Dans ces cas de figure, l’alerte est donnée et il est fait appel aux renforts. Il n’est pas rare que le patient inconscient se voie d’un coup entouré de trois ou quatre infirmières et du médecin qui se démènent à son chevet. On lui relève le bas du lit pour mettre ses jambes en position haute… on arrête les UF… on peut même lui injecter une dose de sodium… à coup sûr, on l’interpelle : « Réveillez-vous ! Ouvrez les yeux ! »… on le taloche !

Le retour à la conscience du patient ramène le calme… la situation de crise est passée !

D’autres fois, les malaises sont moins graves mais tout aussi désagréables pour ceux qui les subissent : des vomissements ou des crampes, réactions assez courantes pour certains. Les crampes arrivent généralement vers la fin de séance et sont particulièrement douloureuses : quelquefois elles déclenchent même des hurlements de souffrance… il n’est pas toujours évident de les faire passer.

Ces épisodes mettent beaucoup d’animation dans le train-train de notre quotidien… quelques minutes d’agitation et tout retombe dans le calme… c’est passé pour cette fois… à qui le tour ?

En dehors de ces incidents, le rythme est entrecoupé, en général toutes les heures, d’un « tour de tension » Une infirmière passe pour contrôler la tension de chacun et relever les paramètres à inscrire sur les feuilles de jour. Pour ma part, je gère seul ces différents relevés… ça m’occupe et j’ai l’impression d’être, en partie, maître de mon sort.

J’ai constaté, en particulier, une certaine évolution de ma tension au cours d’une séance. Baisse juste après le branchement, pour les raisons évoquées supra, puis, nouvelle baisse, parfois conséquente, juste après le repas. Il m’a été expliqué que ce phénomène résultait d’un afflux sanguin nécessaire à la digestion, ce qui se répercutait sur l’ensemble de mon organisme. Et enfin, généralement, légère remontée au contrôle suivant et maintien jusqu’à la fin.

Normalement, après la restitution, la tension doit retrouver une quasi normalité… mais, là encore, rien n’est assuré. Certains doivent attendre un peu avant que de poser le pied à terre… les réactions sont différentes selon les individus ou les jours.

La dialyse, ce n’est pas si simple ! Le corps réagit nécessairement à cette relation patient/machine qui n’est absolument pas normale. La technique ne remplacera jamais les phénomènes naturels de notre corps… le recours à ce substitut de rein reste bien empirique. Mais enfin, au moins, cela nous maintient en vie !

Les examens sanguins que nous subissons chaque quinzaine (ces lundis sont redoutables sur la sanction de nos « excès » !) sont commentés les mercredis suivants. Nous avons alors l’impression de passer devant le jugement divin de notre médecin : vais-je avoir la mention passable ou encourir des reproches ?

Les résultats les plus importants concernent essentiellement le potassium et le phosphore ! Un petit écart et la sanction ne se fait pas attendre ! Ca monte, ça descend… les variations sont diverses… tout dépend des frasques du week-end.

J’ai eu à tester, pour la première fois, il y a quelques mois, les effets de ces excès.

Je suis arrivé, un lundi, avec des jambes littéralement tétanisées et pas au mieux de ma forme. C’était justement le jour d’un contrôle. Deux heures plus tard, à l’énoncé du résultat de mon taux de potassium, assez faramineux, j’ai vite compris les raisons de mon état !

En y repensant alors, je me suis souvenu que la descente que j’avais faite le dimanche sur les fruits secs de l’apéritif y avait été largement pour quelque chose !

Cela m’a depuis servi de leçon… j’ai également rajouté les prises obligatoires de kayéxalate (Polystyrène sulfonate de sodium, utilisé pour traiter l’hyperkaliémie) chaque week-end.

Ah, ce régime ! Eh bien, on en parlera la prochaine fois !

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