Dialyse song – Chapitre 12 : réflexions introspectives…

juin 1, 2008

Il y en a, sans doute, qui doivent se demander où je les emmène… si, à ce rythme, j’en ai encore sous le pied… comment je vais m’y prendre pour faire encore durer le plaisir ?

A vrai dire, je n’en sais rien moi-même… je n’ai pas de plan précis… je n’ai pas pris de notes… c’est de l’écriture instinctive (non, je ne m’aide d’aucune substances illicites !)

Je me laisse aller, au fil de mes souvenirs. Bien sûr, la trame du récit c’est une séance type de dialyse, dans l’ordre chronologique, mais je m’autorise des digressions, des retours en arrière, des compléments d’informations. Il y a tellement de choses à dire, d’anecdotes désopilantes ou tragiques.

Si j’ai la curiosité de me relire, plusieurs jours après, je suis tenté de me corriger : ici une répétition, là un oubli, un manque de précision, une virgule à rajouter, aérer le texte. Je ne prends pas mon temps, j’écris dans l’urgence… je vide mon sac… il sera toujours temps de peaufiner à la fin, faire des reprises, mettre des rustines, surveiller mon style.

Qui sait ce que deviendra cette confession ? Restera-t-elle confidentielle, pour les seuls internautes venant se balader sur le forum, ou sera-t-elle un jour publiée, agrémentée de quelques dessins bien ironiques comme j’en ai le secret ? Pour l’instant, je ne me pose pas trop de questions, je me laisse aller… d’abord écrire pour mon contentement, égoïstement… et tant mieux si cela fait plaisir à certains de mes lecteurs.

Le but ultime est certainement d’être lu par le plus grand nombre afin d’expliquer, dédramatiser, de parler vrai, dans un langage simple, parfois trivial, accessible et, pourquoi pas, avec une forme d’humour qui arrache un sourire, même forcé !

Je n’ai rien à vendre, rien à prouver… c’est un témoignage comme un autre que je voudrais juste rendre plus vivant… des tranches de vie d’un hémodialysé peut-être un peu plus attentif et concerné par ses traitements que beaucoup d’autres, capable de partager son vécu.

Chacun devrait, je l’espère, y trouver ce qu’il vient y chercher : les dialysés eux-mêmes, mes frères et sœurs de galère, pour la reconnaissance des événements qu’ils vivent au quotidien – Oui, c’est vraiment comme ça que cela se passe… on s’y croirait !

Ensuite, ceux qui sont en instance d’y passer, à plus ou moins longue échéance : – C’est donc ainsi que cela se passe ? Bon, cela n’a pas l’air si terrible !

Il y aura aussi sûrement ceux qu’aucun témoignage ne réussira à dissiper les craintes et les angoisses… la description quasi clinique des détails des opérations accentuera même éventuellement leurs phobies. Je n’y peux rien… je raconte ce qui est, sans enjoliver mais sans désir de faire peur… nous sommes des milliers à vivre cette situation… chacun réagit à sa manière… il n’y a pas de recette, de vérité absolue.

Enfin, si des lecteurs, étrangers à notre maladie, peuvent s’instruirent à la lecture de ce récit, je pense qu’ils ne regretteront pas d’avoir appris quelque chose. Tant que l’on n’a pas été confronté directement à ces problèmes, on a du mal à les imaginer.

Eh bien… c’est la journée déboutonnage aujourd’hui ! Petites confidences entre amis… justifications philosophico littéraires… l’envie de faire un break… m’interroger sur la finalité de mon bavardage… répondre dès maintenant aux interrogations et conseils de certains.

C’est l’épisode « réfléchi »… peut être celui qui justifie tous les autres ? Le quart d’heure introspectif : -« Qui suis-je… où vais-je ? Dans quel état j’erre ? » Désolé, c’est plus fort que moi… pas moyen d’être sérieux plus de dix minutes… rigolons en attendant la mort !

Allez, promis, je reviens dans le droit chemin… je redescends sur terre dans le prochain épisode, avant que de vous faire perdre le fil…