Dialyse song – Chapitre 14 : Trucs pas vraiment rigolos…

juin 1, 2008

Premiers débranchements donc… il me reste encore une heure… sans doute la plus longue.

Le plus pénible, en ce qui me concerne, c’est de rester à moitié allongé, sans pratiquement bouger. Le bras gauche, celui de la fistule, doit rester le plus possible droit… ne pas le plier, ou le moins possible… si l’un des tuyaux se coude, bonjour le rappel à l’ordre de la bécane !

Il y a des moments où on la prend salement en grippe cette saloperie de machine… on est accroché à elle, elle nous analyse, nous surveille. Bien obligé de céder à ses caprices, ses lubies, ses dérèglements. Etrange duo que l’on n’a pas choisi et qu’il faut bien subir. Relation d’amour/haine comme dans un couple d’humains : amour parce qu’elle nous sauve, et haine parce que l’on dépend d’elle ! Rapports bien complexes qui se prêtent à bien des analyses psychologiques (je ne m’y aventurerai pas !)

L’inconfort de la position, de l’immobilité et des chutes de tension se traduisent, dans mon cas, par des douleurs cervicales en fin de séance. C’est généralement comme ça que je subodore une baisse tensionnelle. Je n’ai plus besoin de la contrôler dans ces moments-là pour être certain du résultat : c’est un peu comme les rhumatismes indicateurs de changement de temps.

Je traîne aussi, suite à mes 14,5 ans de transplantation et de médicaments agressifs, quelques séquelles peu agréables : des calcifications, en particulier au niveau des épaules, qui me procurent parfois des douleurs lancinantes.

J’ai souvent des coups de pompe et ne suis plus très apte aux efforts.

Des problèmes digestifs, suite à l’ingestion de ces tonnes de médicaments au long de ces vingt dernières années.

Une double cataracte naissante, pour le même motif : merci les corticoïdes !

Le seul point positif (si on veut !) du retour à la dialyse, c’est d’avoir retrouvé ma taille de jeune homme ! Je devais être certainement pas mal gonflé d’eau puisqu’il m’a fallu, petit à petit, baisser mon poids sec jusqu’à perdre une douzaine de kilos avant d’être stabilisé !

Cela a été, en particulier, absolument nécessaire à une période où j’étais au bord de faire un O.A.P (œdème aigu du poumon) dû à une surcharge hydrique (hypervolémie), autrement dit, de l’eau dans les poumons ! Je vous prie de croire que cela fait drôle d’éprouver des difficultés à respirer en pleine nuit : on a l’impression de ne plus avoir que des échantillons de poumons… on respire à petits coups, à l’économie ! Dans ces cas là, il est urgent d’être dialysé !

On repère également le surplus d’eau par la présence d’œdèmes aux jambes. Notre médecin se fait alors un malin plaisir à nous le démontrer en enfonçant ses pouces dans le bas de nos jambes, ce qui laisse des marques de dépression !

Ca y est, je retombe encore dans les descriptions dramatiques, le musée des horreurs ! Âmes sensibles s’abstenir ! Mais non, tout ça, c’est la routine, les aléas de notre vie… puisque : -« Je vais bien, tout va bien ! »

Il ne faut pas s’effrayer, ça pourrait être pire !

Bon, j’ai fait le tour des malheurs… ces derniers chapitres sont loin d’être désopilants… haut les cœurs, il serait temps que je vous trouve quelque chose de moins triste pour vous faire passer la pilule !

Ca va être dur avec ce qui suit, c’est encore très technique…

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