Dialyse song – Chapitre 16 : Comment débrancher… caillot… EPO…

juin 1, 2008

Le débranchement, cela n’est pas dur à deviner, c’est de mettre fin à la séance d’épuration (ce terme à une connotation qui ne me plaît pas beaucoup !) On débranche les tuyaux, après restitution de votre sang qui est dans le circuit (vous savez, cette chose si précieuse qu’elle ne doit pas être gâchée)

Je ne vais pas m’appesantir sur les explications trop techniques, ce n’est pas l’ambition de ce récit. L’important, c’est de faire simple et d’aborder surtout le ressenti.

L’infirmière dispose, comme au branchement, d’un set de débranchement stérile, contenant des gants (plus un pour le patient), des compresses, des pansements adhésifs. La tenue pour l’intervention est toujours la même : masque, gants, casaque.

Une petite poche de solution saline est accrochée sur une potence sur le haut de la machine : cette poche, une fois déclampée, enverra la solution dans le circuit sanguin ; le but étant de pousser le sang pour le renvoyer dans notre organisme (exactement l’inverse qu’au branchement)

Il existe au moins deux techniques pour effectuer cette opération. La première consiste à réinjecter la moitié du circuit par l’accès artériel, puis le reste par l’accès veineux, en condamnant tour à tour chacun des deux accès : c’est celle que j’ai vu majoritairement utiliser. La deuxième, qui revient exactement au même, consiste à condamner l’un des deux accès et de procéder à l’intégralité de la réinjection par l’autre accès.

Quelle que soit la méthode (chacun vous démontrera que la sienne est la meilleure !), le but est de bien rincer le circuit (et surtout le dialyseur) afin de nous rendre ce qui nous appartient : nos précieuses globules… et tout ce qui va avec.

Il peut arriver, au moment de la restitution, de constater la présence d’un caillot, plus ou moins important, en général au niveau d’un piège à bulles ou même du dialyseur… signe que l’anticoagulant n’a pas été suffisamment efficace. Ce caillot peut alors parfois, s’il est très important, interdire la restitution d’une bonne partie du circuit.

Ce phénomène peut survenir également au cours de la séance : j’en ai fait souvent les frais à mes débuts, mettant en évidence une certaine résistance de ma part aux produits anticoagulants et, pour le moins, un sous dosage. Dans le meilleur des cas, le circuit peut alors être rincé par une petite quantité de solution saline… mais si cela ne suffit pas, on peut aller jusqu’à changer le circuit entier : on restitue ce que l’on peut… on clampe les abords vasculaires, on débranche les tuyaux, on retire l’intégralité du circuit (dialyseur compris) et on remonte un nouveau circuit… retour à la case départ pour l’ensemble des manips.

De l’importance du bon usage de l’anticoagulant !

Mais, juste avant de commencer les opérations, l’infirmière injecte la dose d’EPO du jour dans le circuit (les lundis et vendredis pour moi).

L’érythropoïétine est utilisé en cas d’anémie chronique due à une insuffisance de sécrétion d’érythropoïétine, essentiellement lors d’une insuffisance rénale chronique.

L’EPO est une hormone de nature glycoprotéique (protéine portant un glucide). Cette hormone est un facteur de croissance des précurseurs des globules rouges dans la moelle osseuse. Elle entraîne ainsi une augmentation du nombre de globules rouges dans le sang.

L’érythropoïétine est sécrétée essentiellement par le cortex rénal (près de 90% de la production). Comme les reins sont la source principale d’érythropoïétine, une insuffisance rénale chronique entraîne en général une déficience, et par conséquence une anémie hypoplasique.