Dialyse song – Chapitre 17 : Restitution et compressions…

juin 1, 2008

L’EPO, puisqu’on en parle, est très connu du grand public, mais pas pour l’usage réservé aux insuffisants rénaux ! Il a malheureusement une connotation moins noble puisqu’il est associé au dopage, et en particulier, à celui des cyclistes.

Je ne vais pas en rajouter une couche… en tous cas, moi, je sais pourquoi on me pique… et ce n’est pas « à l’insu de mon plein gré ! »

Bon, ça y est… pendant que je vous parlais de choses et d’autres, et après la dernière prise de tension de la journée, l’opération restitution vient de se terminer ! Me voilà avec mes deux petits prolongateurs de cathés clampés… retour à la case départ !

L’infirmière procède au démontage des lignes et du rein… le tout est déposé dans la poubelle jaune qui se trouve à proximité.

Il faut maintenant enlever les cathés (ou aiguilles pour les autres)

En général, pour la majorité de mes camarades, les aiguilles sont enlevées l’une après l’autre : la seconde le sera après compression du premier point de ponction et pose du premier pansement. Pour ma part, je compresse les deux points simultanément, car ils ne sont pas trop éloignés l’un de l’autre. J’ai des mains et doigts suffisamment grands qui permettent le maintien des deux compresses… je gagne ainsi deux fois plus de temps !

Le mode opératoire consiste à retirer les adhésifs maintenant le premier cathé, préparer une compresse pliée en quatre, de l’appliquer au-dessus de ce premier point de ponction (retour veineux en premier). Au moment où l’infirmière retire le cathé, elle applique la compresse simultanément. Je prends alors le relais, soit avec le pouce, soit avec l’index.

Mêmes procédures pour le cathé artériel. Compression avec mon majeur ou annulaire.

Me voici avec mes doigts de la main droite plus ou moins écartés et, dans mon cas, à maintenir pendant au moins quinze minutes minimum. Il ne faut pas souhaiter une ankylose ou une crampe ! Par contre, je peux vous assurer d’une chose qui se manifeste quasiment à chaque fois… dès que je suis ainsi immobilisé, vous pouvez être sûr que dans les secondes qui suivent, j’ai le nez qui me démange ! C’est peut-être psychologique mais bien réel ! Le supplice va être infernal pendant les minutes suivantes !

Le temps de coagulation est différent d’un individu à un autre. Il peut varier également en fonction de la chaleur, de la tension. Il m’est arrivé de rester ainsi jusqu’à plus d’une demie-heure avant d’être sûr que les points ne saignaient plus.

Il existe cependant un produit accélérateur de la coagulation : le Coalgan. C’est un tampon hémostatique stérile, constitué de fibres d’alginate de calcium (molécule naturelle extraite d’algues brunes), aux propriétés hémostatiques et cicatrisantes, qui se gélifient au contact du sang. Elles induisent l’agrégation plaquettaire, permettant ainsi de raccourcir le temps de formation du caillot sanguin et le temps de coagulation.

Coalgan se retirera d’un seul tenant ; les quelques fibres restantes s’éliminant naturellement.

Les patients se lèvent tour à tour et se dirigent vers la sortie et la pesée.

J’ai encore un bon moment à jouer les gisants avec mes doigts écartelés.

L’infirmière nettoie l’intégralité de la machine avec une lingette imbibée d’un antiseptique. Elle met la machine en « stere » : stérilisation avec soit de l’acide, soit de la javel. L’opération va durer une demi heure.

Pendant ce temps-là, elle monte les nouvelles lignes destinées au patient de la séance suivante. Tout le matériel est contenu dans un grand bac en plastique qui a été amené et disposé derrière la machine durant ma dialyse. Ces bacs sont constitués dans les réserves du sous-sol pendant notre séance et sont personnalisés en fonction des besoins spécifiques de chaque patient.

Les quinze minutes se sont passées. Je jette un œil en soulevant tour à tour précautionneusement chacune des compresses. Du côté veine, impec… ça ne coule pas ! Par contre, pour l’artère, cela perle encore pas mal !

C’est reparti pour quelques minutes supplémentaires… ne pas se presser inutilement… je préfère assurer… pas envie de pisser le sang dans les couloirs ou… ma voiture !

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