Transplant blues – Episode 09 : Pronostic

juin 1, 2008

Pour être tout à fait exhaustif, surtout pour les néophytes, mais sans chercher à vous faire peur, il est bon de parler des incidents ou complications éventuels de ces biopsies qui sont, fort heureusement, assez rares.

Pendant l’examen, la survenue d’un malaise vagal est possible.

Après l’examen peuvent survenir :

– une hématurie, c’est à dire la présence de sang dans les urines,

– un saignement péri-rénal (hématome péri-rénal).

En cas de persistance d’un saignement et/ou de saignement abondant, l’hospitalisation peut être prolongée de quelques jours. Une transfusion de sang peut être indiquée. Exceptionnellement, une intervention radiologique ou chirurgicale peut être nécessaire.

Ceci étant dit, je n’ai, pour ma part jamais eu ce genre de problèmes. J’en parle en connaissance de cause puisque après cette grande première, j’en subirai encore une bonne douzaine !

Le résultat de mon prélèvement me fut communiqué quelques jours plus tard, lors d’un nouveau rendez-vous. Je fus pour le moins désappointé lorsque le professeur m’annonça que le fragment de rein n’avait rien indiqué d’anormal. Cela semblait être prévisible dans la mesure où mon affection, au stade primaire, ne touchait que certaines zones du rein (les glomérules) et qu’il serait nécessaire d’effectuer des biopsies à plusieurs reprises pour ne pas passer à côté de la lésion. Nouvelle joyeuse ! Il fallait remettre ça ! On se met d’accord sur une nouvelle date… et c’est reparti !

Me revoici donc sur les lieux des délices… je vous passe les détails et préparatifs déjà connus.

Le professeur me ponctionne gentiment… je suis prévenu, donc plus détendu… Mais, ô surprise, aussitôt fait, il recommence, une deuxième fois, à un autre endroit… pour la sécurité, me précise t’il ! Deux pour le prix d’une ! Plutôt jouissif avec ces deux points qui m’élancent !

Bref, pas vraiment un bon souvenir tout de même…

Cette fois-ci fut heureusement la bonne, si je puis dire, car c’était aussi le début d’une inéluctable mésaventure : la mise en évidence, sans appel, de mon insuffisance rénale.

Ma maladie portait le nom bien sympathique de glomérulonéphrite à hyalinose segmentaire et focale, pathologie touchant aussi bien l’adulte que l’enfant et se caractérisant par des dépôts d’aspect hyalin, touchant certaines zones du rein : les glomérules rénaux. Les dépôts en question sont irrégulièrement répartis à l’intérieur même du tissu rénal et peut se compliquer par une atteinte rénale et plus spécifiquement des néphrons, à l’origine d’une diminution de leur quantité et de leur volume. La maladie survient le plus souvent autour de 2 ans, dans 90% des cas chez les garçons, souvent quelques jours après une infection, un vaccin, un syndrome grippal. Elle entraîne une insuffisance rénale d’évolution lente : dans mon cas, je devais traîner ça depuis plus de 30 ans !

Dommage que les antibiotiques n’étaient pas encore ce qu’ils étaient dans ma petite enfance… j’en payais cher le prix aujourd’hui !

Mon professeur avait l’air soucieux de circonstance… il me fit comprendre que cette affection était très grave et allait, sans coup férir, arriver au stade terminal et nécessiter un recours à la dialyse. Sans trop savoir encore précisément ce que ce terme signifiait, je lui demandais quelle en était l’échéance ? Il me répondit que cela était difficile à pronostiquer, mais qu’avec un suivi régulier, un régime approprié et quelques médicaments, on pouvait sans doute tabler sur trois ans…

Son diagnostic se révéla totalement exact, car c’est exactement le temps dont je disposerai pour me préparer à cette issue inévitable !

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