Humour : Zorro…

septembre 27, 2012


Transplant blues – Episode 14 : Prêt pour la fistule

juin 1, 2008

Deux années se sont écoulées, bon an mal an, depuis le début de ma mésaventure. Nous en sommes à mi 1989. Ma « résistance » commence à donner de sérieux signes de faiblesse. La créat a passé le seuil des 300 µmol (micromoles), sachant que la normale doit être inférieure à 100.

Mon professeur me fait alors comprendre que l’échéance est désormais assez proche… une question de quelques mois, tout au plus. Il serait temps d’envisager la création de ma fistule pour ne pas être pris au dépourvu. Le délai restant lui permettrait ainsi de pouvoir se développer convenablement afin d’être opérationnelle pour le démarrage de la dialyse.

Nouvelle douche froide à l’énoncé de cette sentence ! Jusqu’ici, j’étais encore en sursis… j’essayais de ne pas trop penser à ce qui allait m’arriver. Mais là, on y était en plein… c’était du concret… une première atteinte à ma petite personne… mon premier « charcutage » !

La fistule ?

Wikipédia : « La fistule artério-veineuse est volontairement fabriquée par le chirurgien qui abouche (joindre, relier) une veine du bras dans une artère, ce qui a pour effet d’augmenter le débit à ce niveau et d’obtenir une dilatation veineuse importante pour permettre la pose ponctuelle de circuits de circulation extra-corporelle pour un traitement par hémodialyse. La fistule possède l’avantage sur le cathéter (posé obligatoirement sur une grosse veine centrale) de permettre la cicatrisation entre les séances – et par conséquent moins d’entrée de germes. »

Des fistules, j’en avais vu quelques unes aux bras de mes camarades de l’association. Je ne vous dis pas le choc, la première fois ! Plutôt impressionnant ce gonflement anormalement démesuré de cette veine, pleine de circonvolutions tarabiscotées et paraissant être sur le point d’exploser ! De quoi vous filer les chocottes : qu’est-ce qui se passe en cas de choc ou d’écorchure ? On se vide, vite fait bien fait, sans coup férir ? On arrose le plafond ? Ca oui, c’est déjà arrivé !

Pas franchement esthétique, non… carrément rebutante, de prime abord ! Certains (et surtout certaines) ont le souci de la cacher aux autres, en ayant honte de ce signe extérieur de notre état de malade. Cela peut se comprendre car, là aussi, cette marque de différence peut être montrée du doigt : et si c’était contagieux ? D’ici à ce qu’on rétablisse les crécelles avertissant de notre venue comme on l’exigeait des pestiférés au moyen âge !

Que de craintes et d’interrogations autour de cette fameuse fistule ! Il faudra apprendre à la respecter, la ménager, la protéger et à la faire durer le plus longtemps possible !

J’avais oublié de vous dire, qu’entre temps, le service de néphrologie de Paul Brousse avait déménagé à l’hôpital du Kremlin Bicètre en deux parties bien distinctes : les consultations dans un ancien bâtiment et l’hospitalisation dans une tour assez récente. Je n’allais pas tarder à faire des allers-retours incessants entre les deux services, à chacune de mes visites !

Bicètre donc (curieusement on ne cite jamais le Kremlin, ça doit faire trop « bolcheviste » !), pour les fistules, « sous traitait » les opérations dans une clinique de Nogent sur Marne, où intervenait l’un des plus grands spécialiste en la matière de la région parisienne. J’aurai d’ailleurs l’occasion de passer entre ses mains trois fois au cours des 15 années à venir !

Rendez-vous est donc pris pour aller voir cet éminent chirurgien…