Transplant blues – Episode 21 : La dialyse ou le cercueil

juin 1, 2008

N’allez pas croire cependant que tout fut « rose » durant cette première expérience de dialyse… loin s’en faut ! Je n’ai pas été exempt d’angoisses et de soucis divers, comme tout à chacun !

Même si je m’étais bien adapté à cette nouvelle routine, il restait toujours la crainte naturelle, à chaque branchement, de se demander si tout allait bien se passer. Ma confiance était liée, de prime abord, à la personne qui allait me piquer. Comme nous n’avions pas de soignant attitré, celui qui devait officier changeait naturellement à chaque séance. L’expérience aidant, j’avais rapidement effectué un « classement » entre les doués et les moins bons de mes intervenant(e)s… Personne n’est parfait ! Evidemment, c’était comme à la loterie ! Du coup, j’étais plus ou moins crispé en fonction du sort qui m’allouait telle ou tel officiant(e).

En général, cela se passait plutôt bien, quand même… il ne faut pas non plus exagérer ! Mais les quelques ratages que j’ai connus ont laissé des traces désagréables et indélébiles !

Le plus mémorable d’entre ces loupés me valut un tiercé de piqûres lors d’une séance particulièrement éprouvante ! Mon infirmière du jour me rata en effet deux fois d’affilé ! Inutile de dire qu’elle en était presque plus contrite que moi ! A bout de ressources et passablement affolée, elle repassa alors la main au néphrologue qui réussit enfin à me piquer à un endroit pourtant bien délicat compte tenu de la place intacte restante ! Souvenir encore bien jouissif que je ne suis pas prêt d’oublier !

La seconde expérience désagréable de cette époque fut, sans conteste, celles des crampes ! Des crampes, j’en avais eu, occasionnellement, dans mon existence, comme tout le monde… pas franchement sympathique comme sensation, mais pas de quoi se rouler par terre ! En dialyse, là, c’est tout autre chose ! Même si je suis d’un naturel peu douillet, je peux affirmer que je n’avais jamais encore ressenti une telle douleur ! Je me souviens encore des hurlements de certains de mes camarades lors de ces manifestations incontrôlables et bien difficiles à faire passer. Ces crampes étaient d’ailleurs souvent associées à des chutes de tension parfois spectaculaires !

La raison en était assez évidente : 3 heures de dialyse, c’est bien peu pour répartir la perte de poids, surtout après un week-end ! Il était donc assez courant d’être obligé de dépasser plus d’un kilo par heure, ce qui n’était pas sans entraîner ces conséquences fâcheuses ! Nous avions d’autant plus intérêt à respecter au mieux notre régime (surtout hydrique !) si nous voulions échapper à ces incidents !

Bon, mais à part ça, tout se passait à peu près normalement… on finit par s’habituer à tout… de toute manière, impossible de faire autrement ! La dialyse ou le cercueil ! Bien obligé de se faire une raison !

La seule issue pour se sortir de cette galère et retrouver une vie à peu près normale ? Il n’y en avait pas d’autre, pour moi, dans ces circonstances, que de recourir à la transplantation ! J’avais été inscrit sur la liste d’attente, quasiment en même temps que mes débuts en dialyse. Je ne m’étais posé aucune question existentielle sur le bien fondé de cette démarche… aucune crainte ni réserve… la fleur au fusil, sûr que c’était la seule solution !

Il est vrai que j’étais, malgré mon implication dans l’association des insuffisants rénaux et les quelques informations que j’avais pu y glaner, relativement « vierge » sur la question ! Je ne connaissais finalement pas grand-chose sur toutes les épreuves qui m’attendaient pour accéder à la greffe… quelques examens divers et variés qui allaient se révéler bien « sympathiques » !