Transplant blues – Episode 22 : Transplantation, risques calculés

juin 1, 2008

La transplantation, ce n’est pas une mince affaire ! Pas aussi simple que l’on pourrait penser au travers des multiples informations qui semblent la banaliser. Il est vrai que cette intervention paraît, aujourd’hui, des plus communes : la réalité est plus complexe. Sur le plan chirurgical, la technique est évidente et relativement simple : une affaire de « tuyauterie » plutôt bien maîtrisée ! Là où cela se complique, c’est sur la tolérance de l’organisme vis-à-vis du greffon.

Un petit rappel tiré du Site Internet de « Ouest-Transplant » :

« La principale complication de la greffe d’organe est le phénomène de rejet. Ce rejet va dépendre essentiellement de la réaction immunologique du Receveur contre l’organe greffé.

Cette réaction de défense immunologique développée par le Receveur est très proche de celle générée au cours de la défense contre une infection.

Elle met en jeu des cellules (essentiellement les lymphocytes T), des anticorps, et la production de médiateurs solubles qui participent à cette réaction (les cytokines).

Les cibles de la réaction immunologique de rejet sont les antigènes de transplantation propres au Donneur et portés par le greffon.

Plus simplement, pour notre organisme, le greffon est assimilé à un corps étranger, au même titre qu’il reconnaît comme étranger un agent bactérien infectant, entraînant la mise en place d’un processus de défense visant à son élimination.

Les principaux antigènes de transplantation sont les antigènes d’histocompatibilité, appelés antigènes HLA.

Ces antigènes sont des molécules présentes sur l’ensemble de nos cellules, très polymorphes au niveau de l’espèce humaine, ce qui en d’autres termes signifie que la probabilité que deux individus non apparentés soient HLA identiques, est un événement exceptionnel.

Le système HLA pourrait ainsi être considéré comme une carte d’identité biologique, permettant de différencier les individus entre eux.

Ceci explique qu’en situation de greffe d’organe, le greffon étant le plus souvent issu d’un Donneur non apparenté, les différences dans le système HLA entre le Donneur et le Receveur (appelées aussi incompatibilités) existent et vont stimuler la réaction de rejet immunologique du Receveur. »

Après une greffe, la prévention du rejet passe donc toujours par une inhibition ou au moins une réduction des réactions immunitaires. Pour ce faire, les médecins disposent aujourd’hui de plusieurs molécules. Ces médicaments vont agir à différents niveaux des réactions immunitaires pour en limiter l’expansion et l’ardeur. Ce sont les immunosuppresseurs. Le principe est de bloquer la réaction de défense immunologique, ce qui ne reste pas sans conséquences puisque notre organisme devient ainsi beaucoup plus fragilisé face aux « agressions externes ».

Mais il sera bien temps de revenir plus tard sur ce phénomène de rejet (puisque je n’y ai pas échappé !), souci majeur de tout transplanté, véritable « Epée de Damoclès » suspendue au-dessus de nos têtes, qui trouble souvent la sérénité de cette nouvelle vie quasi normale retrouvée !

La transplantation, cela se mérite ! Avant toute chose, il faut être volontaire… encore heureux que nous ayons, à cet égard, le libre arbitre ! Dans cette société où l’on encadre de plus en plus les choses que nous devons faire et ne pas faire, il n’est pas exclu que l’on nous oblige un jour à recourir de façon arbitraire à cette éventualité… mesures d’économies obligent ! Je pousse un peu… quoique ?

En effet, tous les insuffisants rénaux ne sont pas obligatoirement, où ne peuvent pas être, candidats à la greffe ! Il y a ceux qui, pour diverses raisons, ne le veulent pas : crainte de l’intervention, du rejet, de complications… bref, que leur éventuelle nouvelle vie soit pire que les contraintes de la dialyse. Rien à redire… cela peut se concevoir. C’est une affaire de conception personnelle de la gestion des risques. Il est certain, à tout prendre, qu’il vaut mieux une bonne dialyse qu’une mauvaise transplantation ! Les exemples ne sont pas rares évoquant l’une ou l’autre de ces possibilités.

Il y a ensuite ceux qui ne le peuvent pas : toutes les personnes ayant un profil à risque… cancéreux, cardiaque, infectieux, psychiatrique, par exemple, ainsi que les personnes trop âgées. Dans ce cas, le choix n’est pas possible… on reste dialysé à vie !

Etre candidat, c’est bien, mais encore faut-il vérifier que l’on ne rentre pas dans le cas de ces profils à risque, ce qui nécessite le recours obligatoire à un bilan de pré-greffe extrêmement détaillé. Le bilan pré greffe a pour but de dépister toutes les pathologies susceptibles d’aggraver ou de mettre en danger la vie du patient ou de compliquer l’acte chirurgical, ainsi que celles étant incompatibles avec le traitement immunosuppresseur.

Le patient, sauf cas particulier, déjà en cours de dialyse, doit donc subir des examens allant des plus simples aux plus contraignants.