Transplant blues – Episode 23 : L’angiographie numérisée

juin 1, 2008

Le bilan de pré-greffe, extrêmement rigoureux, repose, de manière exhaustive, sur la détermination des caractéristiques immunologiques pour organiser la compatibilité entre le donneur et le receveur (compatibilité sanguine (ABO) et tissulaire (HLA), un bilan morphologique précisant la façon dont le rein sera inséré dans l’organisme et la faisabilité de la transplantation, la vérification de l’absence de cancer, du bon fonctionnement de la pompe cardiaque, de l’état des vaisseaux périphériques pour la couture du rein, enfin une vérification de l’absence d’infection et d’un bon état psychique.

Au plan chirurgical, il faut vérifier les possibilités anesthésiques, l’appareil vasculaire et urinaire qui méritent parfois une remise en état après les détériorations essentiellement métaboliques de la dialyse.

En ce qui me concerne, j’ai eu droit à la plupart de ces examens préconisés, à savoir :

– prises de sang multiples et variées,

– échographie cardiaque,

– échographie rénale,

– angiographie numérisée par voie veineuse,

– cystographie rétrograde,

– fibroscopie gastrique,

– radio pulmonaire,

– consultation dentaire.

Pour ce qui est de l’entretien psychologique habituellement préconisé (car la greffe bien qu’apparaissant comme un élément salvateur, n’est en fait pas toujours très bien vécue en post opératoire d’un point de vue purement psychologique), je l’attends encore ! Sans doute considérait-on que j’étais suffisamment informé et bien préparé sur ce plan là (ce qui n’était d’ailleurs pas complètement faux !)

Tous ces examens se déroulèrent dans les deux premiers mois du début de ma dialyse, soit à l’hôpital de Bicêtre, soit dans des cliniques spécialisées. Un véritable chemin de croix puisque l’une de mes caractéristiques en matière d’explorations médicales est d’être, le plus souvent, contraint à des « doublés » !

Je m’explique… peut-être que mon organisme est rebelle à toute intrusion ou expertise ? Pour principale illustration, la moindre radio pulmonaire nécessite, au moins deux fois sur trois, de refaire une deuxième série de clichés ! Il faut dire que j’ai le torse un peu long et que les poumons allant de pair, ils sont souvent tronqués à la première tentative, même en prévenant l’officiant ! J’ai donc souvent droit à une double dose de rayons… les éponges façon Tchernobyl, à force !

Bon, les radios, encore, c’est un moindre mal ! Là où cela se corse c’est quand les examens sont un peu plus compliqués ou douloureux… même motif, même punition ! Cela a été particulièrement réjouissant pour l’angiographie et la cystographie… j’en rêve encore parfois aujourd’hui !

L’angiographie numérisée par voie veineuse, c’est la radiographie des vaisseaux rendus opaques aux rayons X par l’introduction d’une substance de contraste iodée grâce à un cathéter. Plusieurs clichés sont réalisés lors de l’injection. Cela permet de vérifier l’état du système circulatoire sanguin et de déceler éventuellement toutes anomalies du type anévrisme, thrombose, ou sténose.

Allongé en petite tenue sur la table de radio, le toubib m’avait prévenu :

– Lors de l’injection du produit, vous ressentirez une sensation de chaleur dans l’ensemble du corps, prédominant au niveau de la gorge et du bas-ventre, d’intensité variable suivant les individus et accompagnée occasionnellement d’un goût amer dans la bouche. Toutes ces sensations s’estomperont dans les deux ou trois minutes qui suivent la fin de l’injection !

Il me branche le cathé dans le bras droit, en cherchant un peu la bonne veine car j’ai le malheur de les avoir difficilement apparentes ! La piquouse est reliée à une pompe manoeuvrable à distance puisque le toubib me laisse en allant se réfugier dans sa petite cabine…

Il me prévient alors que l’injection commence… pas besoin de me le signaler car je la sens bien ! Et pour cause ! Dès le démarrage, ma veine explose et l’intégralité du produit se répand dans mon bras en une fulgurance de chaleur ! Un brasier concentré sur une zone de quelques centimètres ! Aille ! Ouille ! J’en ai encore des frissons !

Inutile de dire qu’il a fallut recommencer toute l’opération, avec un brin d’anxiété de ma part ! La deuxième fois, la sensation de chaleur a été néanmoins moins intense puisque répartie dans l’ensemble de mon corps, mais avec la surprenante sensation de la sentir se diffuser tout au long de mes veines, de la pointe des pieds jusqu’à la racine de mes cheveux !

Quand je vous disais que je dois faire partie de la famille des « Pasdebol » ! Surtout que la seconde expérience est encore pire !