Au jour le jour : Je suis Charlie, 5 ans déjà!

janvier 7, 2020

Reprise du texte du 8 janvier 2015

Pas envie de rire aujourd’hui, alors seulement ceci.

J’ai été éloigné, bien malgré moi, des « réseaux » ces deux derniers jours. Avant-hier, après une nuit éprouvante, alité pour cause d’une sévère gastro, et hier, en pleine dialyse, l’annonce de la terrible nouvelle qui m’a définitivement anéanti. Impossible d’exprimer par des mots ce que j’ai ressenti. Je me dis aujourd’hui qu’il faut bien que j’en parle, une goutte d’eau de plus parmi tous les témoignages… Mon attachement à ces dessinateurs, devenus au fil du temps comme des amis, remonte, au moins pour l’un d’entre eux à mon enfance. Je parlerai surtout de lui car c’est celui que je vénérais le plus : CABU. Première découverte dans Pilote avec son inénarrable Grand Duduche, puis plus tard comme dessinateur de presse dans Hara-Kiri, le Canard, La Grosse Bertha, Charlie… Tellement fan de ce prodigieux, talentueux et prolifique génie que j’ai bon nombre de ses albums dans ma bibliothèque ainsi que des classeurs contenant les photocopies de ses dessins du Canard et de Charlie. Autre « trésor » aujourd’hui sans prix : les rares numéros de La Grosse Bertha et les 100 premiers numéros de Charlie Hebdo (je me suis arrêté là, faute de place pour les stocker : je suis de ceux qui ne jette pas les écrits !) Inutile de dire qu’à travers ces publications, j’ai découvert et apprécié tous les autres dessinateurs qui ont été si sauvagement exécutés. Bon nombre ont été pour moi des sources d’inspiration pour mes modestes crobards. J’aimais leur talent, leur esprit, leur causticité, leur humour et leur façon de dénoncer la connerie sous tous ses angles. Ils sont irremplaçables. Je porte le deuil.

Les mots me manquent pour exprimer tout ce que je peux ressentir, alors d’autres que moi pourront sans doute en donner un aperçu… Je suis tombé sur ceux-là ce matin.

« Oui, je suis Charlie !

07 JANVIER 2015 | PAR RÉMI VIBRAC

Pourtant, je ne l’ai jamais vraiment été, Charlie. De ci, de là, au détour de quelques dessins, j’étais Cabu mais côté Grand Duduche, Wolinski pour ses femmes nues et ses parties de jambes en l’air. J’étais Bernard Maris pour ses débats sur Inter, sans l’être vraiment en réalité. Mais aujourd’hui je suis tous ceux là.

Je suis Charlie. Comment pourrait-il en être autrement ?

Etre Charlie en ces tristes heures, c’est être pour la Liberté. Bien sûr, pas la pseudo-liberté de massacrer, d’assassiner froidement, d’achever sur le bord d’un trottoir un être humain désarmé, implorant la pitié. Non, pour une Liberté que les fanatismes ne peuvent comprendre, celle de dire, de penser, d’écrire et de dessiner ce que l’on souhaite, ce à quoi l’on croit, dès lors que cela ne confine pas au racisme de toute forme : bref, dès lors que cette Liberté respecte les Droits de l’Homme.

Etre Charlie en ces tristes heures, c’est être pour l’Egalité. Bien sûr, pas cette pseudo-égalité que voudraient imposer les tenants d’une religion qu’ils ont dévoyé pour leur seul profit, et qui leur permet de justifier les actes les plus cruels par l’interprétation mensongère de textes religieux. Non, pour une Egalité qui met les races, les sexes, les religions, les croyances, les coutumes, chacun et chacune d’entre nous sur un même plan.

Etre Charlie en ces tristes heures, c’est être pour la Fraternité. Bien sûr, pas cette fraternité de luttes secrètes et criminelles, pas ce compagnonnage de combats, de guérillas et d’intolérances que des barbares entendent mener et imposer au nom d’un Dieu qui ne s’y reconnaîtrait pas. Non, pour une Fraternité qui accueille son prochain comme son frère, quelles que soient ses différences, ses opinions, ses croyances.

Je suis Charlie. Et je sais donc que les musulmans ne sont pas des terroristes, comme les chrétiens n’étaient pas tous inquisiteurs, les allemands pas tous nazis, les français pas tous collabos. Certains sont journalistes, tel Ali Badou dont j’ai aimé l’intervention de lundi sur le livre « Soumission », d’autres policiers tel Ahmed, tombé sous les tirs des terroristes et dont l’assassinat, d’une balle dans la tête, est passé en boucle sur internet : je pense à lui et à ses proches.

Je suis Charlie. Et j’enrage de nous voir retomber aux pires heures de l’Occupation, où l’on déportait femmes et enfants sur des thématiques d’appartenance. Aux pires heures du Rwanda, où des voisins si heureux jadis en sont venus à se massacrer à coup de machettes en raison d’appartenances ethniques. Aux sombres heures des Balkans et de la guerre de Yougoslavie, avec son lot de balles dans la nuque. Je ne rajouterai pas le 11 septembre, l’Afghanistan, le Mali, la Syrie, …

Je suis Charlie. Et je veux continuer à élever mes enfants dans le respect des valeurs que mes parents m’ont apprises : respect, tolérance, écoute, probité, confiance, Amour, ouverture. Ces valeurs qui ont l’immense particularité de se multiplier lorsqu’on les partage : donnez de la tolérance, vous récolterez de l’écoute. Donnez de l’écoute, vous récolterez du respect. Donnez du respect, vous récolterez de l’Amour. Les équations sont simples et peuvent se multiplier à l’infini. Plus vous donnez, plus vous recevez, plus vous grandissez, alors plus vous donnez. Il n’y a pas d’autre chemin pour le bonheur. Sachons ne pas l’oublier. Sachons le redécouvrir. Pour ne plus jamais devoir être Charlie, c’est le seul hommage que nous puissions rendre aux victimes de cette barbarie.

Mais ce soir, oui je suis Charlie. Et je pleure. »


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